samedi 5 novembre 2011

La télévision tunisienne ou lorsque la médiocrité devient un art

Quelle que soit l’opinion que l’on ait de la télévision tunisienne, elle a néanmoins une qualité que personne ne peut lui nier, c’est sa capacité étonnante à persévérer sur la voie de la médiocrité.

Dans les premiers mois de l’effervescence révolutionnaire on avait cru que notre chère télévision nationale allait pouvoir changer en réalisant sa propre révolution cathodique mais c’était mal connaître son degré d’enracinement dans le mauvais goût et la futilité la plus affligeante.

Il n’y a qu’à regarder les journaux télévisés de 20 heures de la semaine écoulée pour comprendre à quel point les choses semblent immuables au sein de l’équipe de rédaction et hermétiques à toute volonté de changement. Aucune analyse de fond n’est fournie aux téléspectateurs. Aucun sujet d’ordre politique n’a été présenté alors que des transactions se déroulent actuellement pour former un gouvernement d’intérêt (ou d’union) national d’une importance capitale pour l’avenir du pays. La majorité des reportages proposés avaient pour objet le sacro-saint mouton de l’Aïd à tel point que j’avais l’impression de regarder un documentaire animalier et non un journal télévisé digne de ce nom.

De plus et jusqu’à maintenant, la télévision tunisienne rechigne à se doter d’un magazine d’investigation qui aurait pour objectif de traiter des sujets de fond relatifs par exemple aux phénomènes de corruption ou de marché noir pour ne citer que ces deux là.

Alors que normalement nos journalistes jouissent désormais de la liberté d’expression, aucun signe d’utilisation réelle de cette liberté ne transparaît sur les ondes de la télévision étatique. Au début des années 90 un magazine comme « El Mindhar » avait pu capter l’intérêt des téléspectateurs grâce à sa relative liberté de ton ce qui a d’ailleurs précipité son élimination de l’antenne. Pourquoi de nos jours est-t-il si difficile de reproduire une expérience analogue.

Il est grand temps que les choses changent au sein de la télévision nationale afin que le téléspectateur tunisien puisse en avoir pour le prix de sa redevance.

vendredi 4 novembre 2011

Lorsque l’ambassadeur d’Israël à l’ONU sympathise avec Marine Le Pen

Qui se ressemble s’assemble, une devise qui semble être partagée par Marine Le Pen présidente du Front National, et par le représentant d’Israël aux Nations Unies. Ces deux charmants personnages se sont ainsi rencontrés en marge d’un déjeuner informel au siège de l’organisation internationale et ils ont eu un entretien que le diplomate israélien a qualifié de « sympathique ».

Cette rencontre hétéroclite prouve que Marine Le Pen a enfin compris que la rhétorique antisémite, si chère à son paternel, n’était nullement productive et qu’il lui fallait plutôt concentrer ses attaques et ses invectives sur les arabes et les musulmans d’autant plus qu’il s’agit actuellement d’un créneau porteur au sein d’une frange importante de la société française et que les propos stigmatisant les musulmans ont l’avantage de ne presque pas susciter de polémique ou de levée de boucliers dans les médias et l’opinion publique.

De plus, l’Etat d’Israël n’est-il pas à la pointe de ce front mondial antimusulman. C’est aussi un Etat dirigé par une coalition réunissant la droite et l’extrême droite et qui a mis en œuvre une politique volontariste de ségrégation ethnique systématique contre les arabes israéliens et les palestiniens. Une politique qui rejoint par beaucoup d’aspects les thèses que prône depuis longtemps l’extrême droite française.

Placée dans son contexte idéologique, cette rencontre amicale entre la dirigeante du Front National et le représentant de la diplomatie israélienne n’est donc pas une surprise. D’autres partis européens d’extrême droite (à savoir les partis autrichien et belge) se sont déjà rendus en Israël et n’ont pas taris d’éloges sur l’exemplarité de la lutte menée par l’entité sioniste contre les hordes islamistes qui menacent la civilisation occidentale.

Il est par ailleurs étonnant de constater à quel point ces propos dégoulinants de racisme primaire ressemblent trait pour trait à la propagande antisémite du régime nazi. Pour paraphraser Marx je dirais que lorsque l’histoire se répète c’est souvent sous forme d’une médiocre comédie, d’ailleurs Adolf doit bien rigoler là où il se trouve.

Chienlit Hebdo

Lorsqu’un journal qui se targue d’être le porte-étendard du politiquement incorrect et le chantre de la liberté d’expression sort un numéro qui se fait encenser par Marine le Pen et toute la droite et l’extrême droit française, cela démontre sans ambages qu’il y a quelque chose de pourrie au royaume de l’intelligentsia gauchisante française.

En effet, ce que certains présentent sournoisement comme du politiquement incorrect, n’est autre en vérité que la pensée officielle d’une bonne partie de l’élite française tous bords confondus. Pour cette élite bien pensante, l’islam est une religion rétrograde sur laquelle il est de bon ton de taper sans se soucier aucunement de la sensibilité des musulmans et d’ailleurs plus l’attaque est puérile et féroce, plus elle sera accueillie avec ferveur et allégresse au nom de la sacro-sainte liberté d’expression.

Que les journalistes critiquent l’islam et les musulmans avec virulence cela ne me dérange absolument pas. En revanche, ce qui me révolte c’est que ceux-là mêmes qui montent sur leurs grands chevaux dés qu’on remet un tant soit peu en cause la liberté d’expression, vont vous débiter des centaines d’excuses fallacieuses lorsque vous leur demander pour quelle raison la minorité juive à un statut particulier qui la protège de leurs attaques humoristiques et autres critiques.

A cette question le directeur de la rédaction de Charlie Hebdo a répondu hier que les juifs et je cite : « n’ont jamais fait chier personne, à part les autres juifs ou quelques palestiniens contrairement aux musulmans qui font chier tout le monde ». Je vous laisse juger de la profondeur de la réponse.

Ainsi donc les juifs sont des petits anges qui ne font de mal à personne sauf peut être à quelques malheureux palestiniens qui, entre nous, l’ont bien cherché puisqu’ils n’avaient qu’à ne pas se trouver en Palestine lorsque les gentils juifs sont venus la coloniser. Alors que les affreux et sales musulmans avec leur religion infâme, ils dérangent tout le monde et c’est donc un devoir sacré pour tout bon journaliste de les moquer et de cracher sans vergogne sur leurs croyances.

C’est tellement plus facile pour Monsieur le directeur de la rédaction de soutenir cet argumentaire réducteur que d’avouer que la communauté juive française a tellement le bras long qu’à la moindre attaque, elle peut mobiliser contre l’assaillant toute l’élite politique et intellectuelle française. La jurisprudence Dieudonné est d’ailleurs là pour rappeler aux éventuels impudents le triste sort qui les attend. Après tout ce n’est pas au banquet de l’Aïd El Kébir qu’on risque de voir le Président de la République et l’ensemble de la classe politique française venir faire des discours élogieux.

Quoi qu’il en soit je ne voudrais pas que ma critique de l’hypocrisie de Charlie Hebdo puisse être interprétée comme une approbation, même implicite, de l’incendie criminel dont leurs locaux ont fait l’objet. En effet, je considère pour ma part que les musulmans doivent observer une conduite exemplaire face à l’ignominie d’où qu’elle provienne car lorsque l’attaque est d’une telle bassesse, le mépris est la meilleure des armes.

jeudi 3 novembre 2011

دكتاتورية العورات

إذا الشعب يوما أراد الحياة فلا بدّ أن يتخلص من ثقافة العورة وغيرها من الترهات ذات الأبعاد البولية والتناسلية. ومع الأسف فإنّ البعض من رجال ونساء هذا المجتمع لا يزالون يحكمون على أخلاق قرنائهم من خلال المظهر فقط بل إنّ البعض منهم لا يتوانى في ظلّ المدّ السلفي التكفيري الحالي عن محاولة فرض وجهة نظره على الآخرين ضاربا عرض الحائط بقيم الحرية الفردية والتعايش السلمي المبني على الاحترام المتبادل.

وإني أتعجب من هؤلاء الذين أمضوا سنينا طويلة في محاربة الاستبداد وثقافة الفكر الواحد من أجل أن يكونوا أحرارا في ملبسهم ومظهرهم كيف انقلبوا فجأة ما إن حصلوا على حريتهم إلى مستبدين جدد. ولعمري فإنهم بتصرفهم القمعي، هم يضفون شرعية بعدية على السياسة العدوانية التي كان ينتهجها النظام البائد تجاههم.

وإني أخشى أن يكون الصراع الذي دار بينهم وبين النظام المخلوع شبيه بالصراع الذي دار في أوروبا في أوائل القرن الماضي بين الشيوعية الستالنية والنازية الهتلرية : صراع بين قطبين ظلاميين لا خير يرجى من كلاهما.

ثمّ إنّه لو كان تطور الأمم والشعوب يقاس فقط بمدى طول اللحية وسواد النقاب لكان أصدقائنا في طالبان وغيرها من الممالك القروسطية قد بلغوا أعلى مستويات الرقي والنمو الاقتصادي والحضاري لكن أين هم من ذلك.

إنّ الذين يستعملون الدين السمح لنشر أفكارهم الإقصائية لن ينجحوا في نهاية الأمر إلاّ في خلق فتن نحن في غنى عنها خاصّة في هذه الفترة الحساسة من تاريخنا الوطني. كما أنّ مثل هذه الأفكار السامة ستضعف من موقف الأقلية المسلمة في أوروبا حين يقع استهدافها ببعض القوانين المعادية. إذ كيف يمكن لهذه الأقليات المطالبة بحرية الملبس والمظهر حين تكون مثل تلك الحريات محلّ قمع في بلدانها الأصلية.