samedi 23 octobre 2010

القنوات الشيطانية


مهما كانت مبررات القرار الذي اتحذه وزير الثقافة المصري بغلق القنوات التي تنشر الفكر الظلامي فإنه لا يسعني إلا أن أحييه وأدعوه إلى مزيد من الصرامة في التعامل مع مثيلاتها من الأوباش التلفزية

إن هذه القنوات التي تبث سمومها الطائفية والرجعية صلب المجتمعات العربية تشكل أكبر عائق أمام تطور تلك المجتمعات باعتبار أن التطور الإنساني يقتضي أولا وبصفة أساسية حيزا من الحرية الإجتماعية. بينما ما تدعو إليه تلك القنوات هو تقييد مطلق للعقل البشري حتى فيما يتعلق بأبسط الأمور وأتفهها وتكريس للفكر الجبري في الحياة الإنسانية من المهد إلى اللحد

ولن أطيل الحديث فيما يتعلق بنظرة أصحاب تلك القنوات إلى المرأة فهي في زعمهم عورة العورات ومنبع الشهوات وكأن الإنسانية تختزل لديهم في بعدها الجنسي الشبقي. وكأن أصحاب اللحي الطويلة بعد أن حرمهم اللإسلام من إمكانية وأد البنات وجدوا طريقة أخرى للتخلص منهن من خلال دفنهن أحياء تحت الأقمشة السوداء

وإني أعتقد أنه قبل أن التعرض للمشاكل السياسية في المجتمعات العربية يجب على هذه المجتمعات أن تبدأ أولا بإصلاح ذاتها وأن تتخلى عن الأفكار التكفيرية والسلفية وأن تبادر باحترام الإنسان العربي في إنسانيته بأن تعتبر الدين مسألة شخصية بحتة و الجسد (الذكوري منه والإيناثي) ملكية ذاتية لصاحبه لا يحق للآخر أن يلقي عليه بشهواته وأحكامه المسبقة

كما أنه يجب علينا عند مناقشة مثل هذه الإشكاليات أن نتخطى الحجج التافهة من قبيل أترضى ذلك لأختك أو لأمك وكأنهن إماء لا يزلن تحت وصاية أسيادهن. وما يحز في نفسي أن غيرنا من الشعوب تقدم وركب منذ أمد قطار التحضر والمدنية في حين بقيت شعوبنا تحصي العورات والمخارج البولية

فيا أمة ضحكت من جهلها الأمم

mercredi 10 mars 2010

Fatwa bédouine

Albert Einstein avait coutume de dire qu’il n’existe que deux choses infinies : l’univers et la bêtise humaine et il s’empressait d’ajouter que pour ce qui est de l’univers, il n’avait pas de certitude absolue.

Un bédouin d’Arabie se présentant comme expert en théologie vient de confirmer la brillante constatation d’Einstein en émettant une fatwa selon laquelle toute personne faisant l’apologie de la mixité entre les hommes et les femmes est un apostat qui ne mérite pas de vivre.

Ainsi donc notre petit cheikh bédouin s’est réveillé un matin et après avoir consulté ses manuels de théologie bédouine (qui n’ont rien d’islamique) a décrété que la mixité était synonyme d’apostasie. Bien entendu, il n’a pas pris la peine d’argumenter sa fatwa puisqu'il s'est uniquement appuyé sur un ou deux hadiths du prophète qu’il a interprétés hors de leur contexte pour asseoir son jugement.

Aveuglé par l’ingéniosité de sa fatwa, notre barbu obscurantiste a oublié que les femmes du prophète ont joué un rôle de premier plan dans les affaires de la cité islamique et que la mère des croyants Aicha ne vivait pas en recluse et n’avait pas peur de la mixité avec les hommes puisqu’elle a même accompagné, à dos de chameau, toute une armée (comme exemple de mixité difficile de faire mieux).

Fut un temps où ces bédouins, qui se prennent aujourd’hui pour des théologiens confirmés, se contentaient de faire paître leurs troupeaux et de traire de temps en temps leurs chamelles. Un travail somme toute noble vers lequel il est grand temps qu’ils retournent afin de laisser les vrais savants s’occuper des questions religieuses.

mercredi 3 mars 2010

إذا تنقبتم....فاستتروا




غريب أمر هؤلاء المسلمين الذين يعيشون في بلاد الفرنجة دون احترام مشاعر وتقاليد أهلها فما إن انتهينا من مسألة لبس الحجاب في المدارس والمعاهد حتى ظهرت مندبة لبس النقاب في الأماكن العمومية ولا أستبعد أن يأتي اليوم الذي يطالب فيه هؤلاء السلطات الفرنسية بأداء صلاة الجماعة تحت برج إيفيل في الأعياد والمناسبات.

وكالعادة نجحت هذه الأقلية ذات الأفكار المتطرفة والأعصاب المتشنجة بذريعة ممارسة الحرية الفردية في تأليب الرأي العام الفرنسي ضد الإسلام والمسلمين وقدمت إلى اليمين الفرنسي هدية ذهبية في شكل موضوع ساخن يلهي به الجماهير عن بقية المشاغل الهامة كارتفاع البطالة و تقهقر مستوى النمو.

ولن أخوض بقلمي في الشرعية الدينية للبس النقاب من عدمها فلقد قطعت على نفسي عهدا بأن لا أشارك في هذا السجال المرحاضي. وقديما كان علماء هذه الأمة يخوضون في مسائل تتعلق بالماورائيات والكينونة وأساس الحكم فتعددت الفرق والملل وظهر المعتزلة والأشاعرة و ازدهر علم الكلام وانتعشت الفلسفة. أما اليوم فأصحاب الصحف الصفراء يعملون فكرهم في تحريم الفايس أبوك و في شرعية لبس البنطلون وغيرها من المسائل الوجودية التي لا تخفى أهميتها عن أحد.

فيا أمة ضحكت من جهلها الأمم !!

vendredi 26 février 2010

Nessma TV : beaucoup de bruit pour rien

Il est incontestable que Nessma TV a su créer le buzz autour d’elle à coups de spots aguicheurs et de sketchs un peu osés au goût de certains esprits conservateurs. Cependant sur le plan du fond cette chaîne n’a rien proposé de révolutionnaire qui puisse expliquer l’emballement médiatique actuel.

Côté programmation sa direction a fait dans la facilité se contentant de rediffuser des séries américaines et syriennes pour ratisser large et essayer d’appâter la ménagère de tout âge et de toute condition. Pour ce qui est des émissions phares de la chaîne, l’une n’est qu’une pâle copie du grand journal de Canal+ le talent en moins, l’autre surnommée pompeusement « envoyé spécial Maghreb » fait dans le recyclage journalistique en rediffusant de vieux reportages de l’émission française originale. Enfin s’agissant de la Star Academy c’est encore un concept vieillissant dénué de toute créativité et qui commence à être abandonné sous d’autres cieux (c’est le cas par exemple pour TF1).

Qu’est ce qui explique donc que Nessma TV puisse susciter une telle polémique?

Cela s’explique tout d’abord par la pauvreté du paysage audiovisuel tunisien qui fait que même le moindre épiphénomène peut prendre des proportions démesurées. Une autre explication est à trouver dans la montée du puritanisme au sein d’une certaine frange de la société tunisienne qui voit rouge dés qu’on évoque, même sur le ton de blague, des sujets qu’elle considère comme tabous.

Quoi qu’il en soit tout ce tapage journalistique n’a rien de sérieux et je ne sais pas pourquoi mais cette affaire me rappelle un proverbe bien de chez nous qui dit ceci : des témoins et des hurlements pour l’exécution d’un hérisson.

mercredi 10 février 2010

Divagations administratives

Enfermés pendant huit heures au bureau, on a du mal à croire que derrière les murailles administratives la vie continue son petit bonhomme de chemin.

Huit heures d'apnée pendant lesquelles on met sa vie entre parenthèses et on tolère stoïquement cet emprisonnement volontaire afin de gagner de quoi faire bouillir la marmite d'autant plus que cette maudite marmite a des goûts de luxe.

Le plus drôle dans tout cela, c'est qu'une horde de va-nu-pieds, demandeurs invétérés d'emploi vous envient votre prison dorée. Ils n'attendent qu'un signe de fléchissement de votre part pour vous expulser manu militari de votre paradis pénitentiaire.

A vrai dire, je peux difficilement leur en vouloir. Il n'y a pas si longtemps j'étais l'un des leurs assis dans la même tranchée et essayant tant bien que mal de me frayer un chemin vers la douce lumière de la vie professionnelle tel un jeune spermatozoïde frétillant fébrilement de la queue pour atteindre le Graal ovulaire.

Nous vivons ainsi dans un état perpétuel d'aliénation. Tout d'abord aliénation de ceux qui cherchent désespérément un emploi décent afin d'affirmer leur être et pouvoir s'élever dans la hiérarchie sociale. Mais également aliénation de ceux qui ayant trouver une place dans la vie active ne peuvent s'empêcher d'éprouver un sentiment récurrent d'inconfort et de gêne.

Pour rester dans le même registre crypto-communiste, je fais mienne cette interrogation du camarade Vladimir Ilitch Oulianov « que faire ? »

Sans doute rien du tout. Je vais continuer à m'embourgeoiser allègrement mais en pratiquant tout de même une activité physique constante afin de garder ma silhouette chétive de va-nu-pieds.

mercredi 29 avril 2009

Islam et esclavage

L’islam est-il une religion esclavagiste ? Pour un musulman une telle interrogation peut sembler choquante voire même blasphématoire. En effet, dés notre prime enfance on nous a enseigné que l’islam est la religion de la tolérance et du respect d’autrui, une religion qui prône ouvertement les valeurs d’égalité et de justice. D’ailleurs s’agissant d’esclavage, qui ne connaît pas la fameuse anecdote de la libération, par le compagnon du prophète Abu Baker, de l’esclave Bilal d’Abyssinie qui par la suite devint le premier muezzin de l’islam.


Tout cela est bien vrai, mais on ne peut pas passer sous silence le fait que l’islam n’a jamais interdit l’esclavage. Certes, dieu dans le coran ainsi que le prophète lui-même ont fortement incité les fidèles à affranchir les esclaves. Néanmoins inciter ou encourager n’est pas interdire.


Comment alors l’islam peut-il concilier entre le principe d’égalité de tous les êtres humains en droits et en dignité et le fait qu’il tolère l’existence de l’esclavage ?


En tant que croyant cette contradiction me dérange, elle n’altère pas ma foi mais elle me pose un réel dilemme moral. D’ailleurs les islamophobes n’hésitent pas à étaler cette contradiction au grand jour et à l’utiliser afin de pourfendre l’islam et les musulmans.


On peut toujours rétorquer que les autres religions monothéistes regorgent elles aussi de contradiction voire même d’abominations en tout genre (il n’y a qu’à lire attentivement l’ancien testament pour s’en rendre compte) mais un tel argument ne me satisfait pas. En effet, le fait que l’œil du voisin soit transpercé par une poutre, ne rend pas le fétu incrusté dans le mien plus supportable.


Pour quelle raison donc le bon dieu n’a-t-il pas clairement prohibé l’esclavage et n’a-t-il pas jugé nécessaire de menacer les esclavagistes de son courroux ?


Afin que mon cœur de croyant se rassure, il me faut absolument trouver une réponse convaincante. Je pose donc comme postulat que dieu dans son infinie sagesse ne peut légitimement pas se contredire. Il en découle que le principe d’égalité entre les hommes et la non prohibition de l’esclavage ne sont pas à mettre sur le même plan. Le premier est un principe immuable, la seconde est une règle temporaire contingente.


Ce qui le prouve c’est l’insistance du texte coranique sur la nécessité d’affranchir les esclaves. En islam donc l’esclavage n’est pas considéré comme inhérent à la condition humaine mais il s’agit uniquement d’une pratique transitoire propre à une phase historique bien spécifique.


L’islam ne pouvait pas prohiber l’esclavage à son époque car cela aurait irrémédiablement entravé sa propagation puisqu’il se serait mis en marge des réalités politiques et économiques de son contexte historique.


Certes la révélation est une manifestation du divin dans l’espace temporel. Mais cette manifestation aussi transcendante soit-elle, ne pouvait pas faire abstraction de la réalité humaine de l’époque où elle s’est manifestée.


Il serait donc préjudiciable d’appliquer notre vision contemporaine des choses à certains aspects de la religion qui sont étroitement imbriqués dans leur contexte historique. D’où l’importance des approches exégétiques du texte sacré qui vont permettre de discerner ce qui est immuable de ce qui est contingent. Une telle distinction doit se faire sur la base des principes d’égalité, de justice et de liberté qui sont le socle de ce qu’on appelle communément aujourd’hui « les droits fondamentaux de l’Homme ».

dimanche 26 avril 2009

Michel Onfray : de l’athéisme militant à l’islamophobie perfide

Pour ceux qui n’auraient pas la chance ou plus exactement la malchance de le connaître, Michel Onfray est un philosophe mondain surmédiatisé et qui à l’instar d’un Bernard-Henri Levy ou d’un André Glucksman, colporte « sa bonne parole » d’un plateau télé à un autre.

Onfray a connu son petit quart d’heure de gloire grâce à un ouvrage intitulé « traité d’athéologie » dans lequel, en preux chevalier militant de l’athéisme, il a entrepris une critique systématique et virulente des croyances religieuses monothéistes et plus particulièrement du christianisme et de l’islam.

Il faut avouer que par les temps qui courent, être taxé d’islamophobe c’est presque un compliment. D’ailleurs, sur un curriculum vitae de philosophe médiatique, c’est une référence qui vous ouvre des perspectives télévisuelles et radiophoniques alléchantes.

Cependant, l’islamophobie pratiquée sous couvert de critique des religions, étant un fonds de commerce très à la mode, pour pouvoir exister, nos chers philosophes médiatiques n’hésitent pas à verser dans la surenchère la plus éhontée et tant pis pour la morale philosophique.

En matière de surenchère le sieur Onfray surclasse tous ses petits camarades. Chez lui la critique cède souvent la place à la calomnie et à la grossièreté les plus abjectes. A titre d’exemple, en page 207 de son ouvrage on peut lire ceci : Mahomet est « un homme qui ramasseur du crottin des chameaux, ne savait pauvre bougre, ni lire ni écrire… »

Il se peut que mes connaissances philosophiques ne soient pas aussi développées que celles de Monsieur Onfray mais en quoi une telle phrase délibérément provocatrice sert-elle la critique rationnelle. Chez Onfray tout n’est qu’insulte et sarcasme, l’auteur est délibérément méprisant envers ceux qu’il considère comme ses adversaires c'est-à-dire les croyants. Le ton de l’ouvrage n’est pas celui du débat qui procède par argumentation. C’est au contraire celui de l’invective.

A propos de l’islam il écrit également : « moderniser la religion musulmane, vivre un islam laïque, moderne républicain sont des billevesées intenables ».

Ou encore : « l’islam est structurellement archaïque : point par point, il contredit tout ce que la philosophie des lumières a obtenu depuis le 18ème siècle… ».

Michel Onfray a tout à fait le droit de critiquer l’islam et ses symboles, libre à lui même de le démystifier à souhait. En revanche, lorsque la critique n’apporte rien de constructif et que le philosophe se transforme à la fois en juge et en bourreau et qu’il condamne sans appel une religion dans son ensemble, je considère personnellement que cela est une insulte pour tous les musulmans libéraux qui croient en leur religion et qui essayent de la réformer de l’intérieur. C’est une insulte pour tous les libres penseurs musulmans tels notamment Malek Chebel ou Mohammed Talbi qui n’ont eu de cesse de professer un islam tolérant et progressiste.

Il fut un temps où la scène philosophique française était capable de produire des génies à l’instar des Sartre, Foucault et Merleau-Ponty qui ne pouvaient que vous inspirer du respect même si vous ne partagiez pas leurs opinions. Hélas et pour paraphraser un proverbe bien de chez nous : cette flamme sacrée de la philosophie française n’a laissée derrière elle que des cendres futiles.

samedi 25 avril 2009

Pourquoi avons-nous encore peur du don d’organes ?

Je viens récemment de lire un article de presse qui traitait de la problématique du don d’organes en Tunisie. L’auteur expliquait que malgré les nombreuses compagnes de sensibilisation effectuées dans tout le pays, les dons d’organes demeuraient en deçà des objectifs fixés.

L’auteur s’est également demandé pour quelle raison les familles tunisiennes sont encore très réticentes à l'égard de ce type de dons malgré son aspect humanitaire indéniable.

Il est clair que le don d’organes est un sujet qui ne peut laisser personne indifférent car il nous renvoie, qu’on le veuille ou non, à notre propre mort ou du moins à celle d’un de nos proches. Il est donc difficile d’aborder sereinement un tel sujet aussi chargé émotionnellement.

Personnellement et sur un plan purement théorique je ne peux que cautionner le don d’organes. C’est un acte d’une grande noblesse et qui démontre la capacité des êtres humaines à se soucier du sort de leurs semblables et à faire preuve de compassion même dans les moments les plus difficiles.

D’ailleurs pour parler crûment, à choisir entre laisser un cœur ou un foie se décomposer dans la tombe et servir de festin pour les vers ou en faire don afin d’offrir une nouvelle vie à un malade, la question est toute tranchée.

Oui mais voilà, je n’arrive pas encore à dépasser ma réticence malgré la pertinence et la justesse des arguments évoqués, ni à enlever de mon esprit l’image de mon cadavre ou celui d’un de mes proches étendu inerte sur une quelconque table d’opération et qu’un apprenti chirurgien charcute à tout va.

Cette pensée peut paraître aberrante ou insensée mais s’agissant de la question du don d’organes comme d’ailleurs pour tant d’autres, je ne peux m’empêcher de faire mienne cette citation du poète latin Ovide : « je vois le bien, je l’approuve et je fais le mal. »

mardi 21 avril 2009

Déchéance

Interrogé sur les choses dont il avait le plus peur, l’écrivain autrichien Stéphane Zweig avait répondu : « je ne crains rien, ni l’échec, ni l’oubli ; je ne redoute que la maladie, l’âge et l’amertume ».

En lisant cette réponse j’avais cru qu’elle émanait d’un vieil écrivain abandonné par ses forces et au crépuscule de sa vie. Je fus donc surpris en découvrant que Zweig a prononcé ces mots à l’âge de 30 ans. Un âge où normalement on a encore toute la vie devant soi et où on est rarement sujet à ce genre de pensées morbides.

Mais en y réfléchissant bien, on se rend compte à quel point la santé et la vigueur corporelle ne tiennent qu’à un fil. Nombreux sont ceux, qui à cause d’un aléa imprévu, se sont retrouvés prisonnier de leur propre corps piégés par la souffrance et la maladie. Devenus impotents ou grabataires, leur vie à basculer du jour au lendemain.

La déchéance physique d’un être humain n’est pas belle à voir, elle nous renvoie à notre propre faiblesse organique et à la vulnérabilité congénitale de notre existence. Cette déchéance qui vous prive d’une part de votre humanité, comment y faire face ? A quoi peut-on s’accrocher ? A la religion, à la promesse d’une vie meilleure ? Doit-on se résigner et accepter dignement son sort ou bien maudire son destin et se cloîtrer dans son amertume et dans sa haine ?

Embarqués à bord du grand vaisseau de la vie, on a trop souvent tendance à oublier que notre destinée demeure à la merci d’un vent de travers susceptible à chaque instant de la faire chavirer.

samedi 18 avril 2009

Révolution télévisuelle

Lorsque j’étais enfant, l’italien était ma langue télévisuelle je l’ai apprise grâce à des parents cathodiques aussi célèbres que Pippo Baudo, Raffaella Carra ou encore Gianfranco Magalli.

Avec l’avènement des chaînes françaises, la langue de Dante a cédé la place à la langue de Molière. De nombreux jeunes tunisiens ont ainsi pu parfaire leur apprentissage de la langue française en regardant les divers programmes que débitaient à longueur de journée les chaînes francophones.

Certes, il y avait toujours une partie du public tunisien qui préférait les chaînes arabes et les feuilletons égyptiens mais à cette époque de la préhistoire satellitaire, l’offre télévisuelle arabe était quasi-inexistante et se résumait à quelques chaînes nationales insipides et à la programmation désuète.

Le règne télévisuel de la langue française était donc indiscutable. Il a même été renforcé par l’intrusion dans le paysage audiovisuel tunisien de la défunte canal horizon. Néanmoins cet état des choses qui pouvaient paraître à certains comme immuable, allait très vite changer et on a ainsi assisté en l’espace en quelques années à une vraie révolution cathodique dans les chaumières tunisiennes.

Comme toute révolution, ses prémices étaient déjà présentes mais personne ne semblait les voir. Tout d’abord on a eu l’émergence des fameux bouquets satellitaires cryptés TPS et Canal Satellite. Cette apparition a dans un premier temps renforcé la présence des chaînes françaises car il était facile de les pirater et les récepteurs numériques se vendaient comme des petits pains. Dans le palmarès de l’audimat, les chaînes françaises caracolaient toujours en tête même si parfois Aljazeera pointait parfois le bout de son nez mais sa présence dans le classement n’était qu’épisodique et liée à la survenance d’événements importants.

Cette phase transitoire dura quelques années puis soudainement les pirates russes, chinois et algériens n’arrivaient plus à craquer aussi facilement le cryptage des bouquets satellitaires français. Au début ces périodes de sécheresse télévisuelle ne duraient pas beaucoup, mais au fil du temps ce qui était l’exception devint la règle et il a bien fallu se résigner à ranger sa carte viaccess aux oubliettes et à abandonner sa télécommande.

Les plus chanceux se sont rabattus sur leurs vieux récepteurs analogiques afin de pouvoir continuer à regarder les quelques chaînes françaises qui demeuraient encore non cryptées et tant pis pour la qualité du son et de l’image. Tels des résistants français écoutant en cachette radio Londres, ces irréductibles analogiques étaient les derniers survivants de la francophonie télévisuelle.

La nature ayant horreur du vide, cette quasi-disparition des chaînes françaises du monde numérique a permis aux tunisiens de se familiariser avec l’univers des chaînes satellitaires arabes qui, à la même époque, avaient commencé à déployer leur arsenal impressionnant de clips racoleurs, de prédicateurs enfiévrés et de feuilletons en tout genre.

L’offensive de charme de ces chaînes s’est accentuée ces derniers temps avec l’apparition des chaînes thématiques qui diffusent les séries et les films américains en VO sous-titrées en arabe. Ainsi, même les tunisiens qui affichaient de l’indifférence ou de l’hostilité à l’égard des chaînes arabes ont été subjugués par cette nouvelle offre télévisuelle.

Mais que l’on soit pour ou contre cette petite révolution cathodique, elle aura au moins le mérite de permettre aux jeunes générations d’avoir plus de facilité avec la langue de Shakespeare. Quant aux promoteurs de la francophonie, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes si l’aura et l’influence de la langue française déclinent à vue d’œil dans nos contrées.