samedi 11 avril 2009

Chiffres du divorce en Tunisie : du pain béni pour les conservateurs

Selon des statistiques qui viennent récemment d’être publiées, la Tunisie aurait l’un des taux les plus élevés du monde arabe en matière de divorce. Les chiffres fournis montrent également que les demandes de divorce émanent principalement de la gent féminine.

La publication de cette statistique dans certains médias électroniques tunisiens a suscité une multitude de commentaires désapprobateurs de la part des internautes qui ont dénoncé à l’unisson cette augmentation des divorces au sein de la société tunisienne.

Jusque là rien d’anormal, il faut dire que dans l’imaginaire collectif le divorce ne jouit pas d’une bonne réputation. En revanche, ce qui m’a interpellé dans les commentaires qui ont été formulés, c’est leur dénonciation infecte de la réglementation tunisienne relative au statut personnel et plus particulièrement la liberté, qu’elle accorde aux femmes, de demander le divorce. Pour les commentateurs les chiffres du divorce démontrent l’échec cuisant du modèle sociétal tunisien qui en voulant singer l’occident a perdu son identité et ses vrais repères.

Les auteurs de ces commentaires ont d’ailleurs clairement affiché leurs orientations idéologiques puisque leur critique s’est fondée sur les mêmes arguments religieux que rabâchent à longueur de journée les prédicateurs enturbannés des chaînes satellitaires arabes.

Pour ma part, je considère que les statistiques fournies doivent être interprétées dans un sens positif. Certes, la séparation d’un couple quelle qu’en soit la raison est un constat d’échec dont les deux protagonistes doivent assumer la responsabilité et les conséquences. Cependant mettre fin à une union bancale est un geste salutaire qui permet de sauver ce qui peut encore l’être et de pouvoir espérer recommencer sous de meilleures auspices la quête d’un nouveau bonheur conjugal.

Cela démontre également la maturité d’une société dont les membres acceptent l’inévitable conséquence de leurs fautes ou mauvais jugements au lieu de les répéter à l’infini. Dans d’autres pays arabes, la peur du regard des autres et le manque d’éducation et de maturité des hommes et des femmes poussent les couples à rester ensemble et à se supporter au-delà du supportable alors que l’amour ou l’entente qui avaient jadis existé ont depuis longtemps laissé la place à des sentiments de haine ou pire encore de dégoût.

De même, le fait que dans la société tunisienne les divorces soient en majorité réclamés par les femmes (chose qui a scandalisé au plus haut point les défenseurs des valeurs familiales « ancestrales ») prouve que la femme tunisienne a acquis une grande confiance en elle-même et en ses moyens.

Combien de femmes même en Europe aimeraient se détacher d’un mari violent ou alcoolique mais elles n'y arrivent pas à cause de leur manque de moyens matériels ou d’éducation. Elles craignent donc de quitter le domicile conjugale et se résignent faute d’alternatives viables à rester à la merci de leurs bourreaux.

Ce qui me fait dire que derrière cette défense des valeurs familiales dont se targuent les commentateurs de ces chiffres, il y a une tentative insidieuse visant à remettre en cause ce droit important dont jouissent les femmes tunisiennes et que les extrémistes religieux n’ont jamais pu digérer.

D’ailleurs, si le nombre de divorce est plus important chez nous que dans les autres pays arabes c’est sûrement parce que nos femmes peuvent en faire la demande à l’inverse des autres femmes. La comparaison en la matière entre la Tunisie et les pays de la région est donc erronée faute de similitudes.

Gageons que si demain les autres femmes arabes se voyaient octroyer les mêmes droits que leurs homologues tunisiennes, la courbe des divorces dans ces pays grimperait de façon exponentiel.

jeudi 9 avril 2009

Lexique journalistique du viol

En parcourant ces derniers temps la rubrique des faits divers des journaux nationaux j’ai été effaré par la multiplication des affaires de viol perpétrées le plus souvent avec une grande sauvagerie.

J’ai également été interpellé par la manière avec laquelle les journaux d’expression française relatent ce type d’événements sordides. Il y a comme une entente tacite entre les chroniques judiciaires pour recourir à un lexique et à une phraséologie inspirés principalement du règne animal.

Ainsi, la victime est toujours comparée à une proie sans défense quant à l’agresseur il est tour à tour qualifié de loup assoiffé, de prédateur féroce ou encore de bête impitoyable. De même, l’endroit où le violeur emmène sa victime pour commettre son forfait est décrit comme une tanière ou un repère. Cette approche réductrice porte surtout tort à la victime qui perd son statut de femme au profit de celui peu valorisant de proie déshumanisée.

A vrai dire, ce qui me gêne le plus dans ce recours quasi-systématique aux métaphores animalières, c’est qu’il est susceptible de faire naître dans l’esprit des lecteurs l’idée que la survenance de ce genre de crimes abominables est inéluctable comme l’est la capture et la mise à mort d’une gazelle par un fauve dans la savane africaine.

Certes on peut comprendre que les journalistes veuillent trouver une accroche stylistique originale pour relater des crimes aussi immondes, mais cela risque de banaliser le viol en le rattachant (même de manière inconsciente) à une fatalité naturelle comme celle qui prévaut au sein du monde animal.

dimanche 5 avril 2009

Ma liste de haine

Arrivé à un âge où il me fallait absolument mettre en application le fameux principe socratique « connais-toi, toi-même », j’ai décidé de commencer ce travail introspectif en établissant une liste pour recenser de manière méthodologique tous les petits merdeux dont la seule présence suffit à me pourrir la journée. Une sorte de "hate list" comme diraient les anglais.

Certes j’aurais pu commencer par une liste des gens et des choses que j’apprécie mais étant un salopard dans l’âme, je ne pense pas que je puisse rédiger une telle liste couleur rose bonbon avec les points des « i » en forme de jolis petits cœurs.

S’agissant de ma liste de haine elle comprend notamment (j’insiste sur le notamment) :

1- Les amateurs de Amrou Khalid. C'est-à-dire tous les fans inconditionnels de ce bonobo moustachu qui ne perdent pas une miette de ses discours et qui sont comme hypnotisés par les reflets scintillants de sa Rolex dorée gagnée à la sueur de ses prêches télévisuels. D’ailleurs si quelqu’un ose émettre une critique à l’encontre de leur nouveau prophète, ils (et surtout elles) sont prêts à lui sauter à la gorge pour lui arracher une oreille dans un geste digne de celui de Tyson face à Holifield.

2- Les mordus de facebook tous ces petits cons qui y passent leur journée et qui vous regardent d’un air complètement ahuri comme si vous étiez venus bosser en ayant seulement mis un slip kangourou seulement parce que vous avez eu la naïveté de leur avouer que vous n’avez pas encore créé un compte.

3- Les chauffeurs de taxi bavards qui vous gavent avec leurs histoires à la con sur la pluviométrie et le beau temps à tel point qu'on dirait qu’ils sont tous des propriétaires terriens. Autre sujet de conversation qu'ils affectionnent c'est l’impolitesse des tunisiens au volant alors que c’est eux les champions du monde en matière d’incivilité sur la voie publique.

4- Les propriétaires de salons de thé qui le week-end ne servent que le café Lavazza et vous le font payer la peau des fesses. Au prix où ils le vendent leur jus de chaussettes c’est Jacques Vabre lui-même qui devrait venir vous le servir.

5- Les couples nouvellement mariés qui n’arrêtent pas de vous soûler avec les détails de leur voyage de noces : et comment le premier jour un papillon s’est posé à côté d’eux, et comment ils n’ont pas digéré la nourriture de l’hôtel et à quel point ils ont rigolé en se tapant un coup de soleil en même temps. Après une heure passée à écouter un tel récit, même Gandhi aurait eu des envies de meurtre.

6-…

La liste n'est nullement exhaustive d'ailleurs chacun peut établir la sienne c'est un exercice hautement thérapeutique.

Lablebi et patriotisme

On a souvent coutume de dire que ce qui fait l’identité d’un pays ce sont principalement ses symboles nationaux qu’il s’agisse de symboles culturels, architecturaux ou culinaires. Concernant ce dernier point, il est intéressant de constater que certains plats sont irrémédiablement associés dans l’imaginaire collectif à des pays bien spécifiques. Ainsi la Paëlla est toujours rattachée à l’Espagne, les pâtes et la pizza à l’Italie et les sushi au Japon. Cette énumération n’est d’ailleurs pas exhaustive et on peut multiplier à loisir les exemples de ce genre.

Pour ce qui est de la Tunisie, un observateur étranger pourrait considérer que le couscous est sans aucun doute notre plat national. Une telle affirmation même si elle n’est pas totalement erronée, dénote néanmoins d’une vision superficielle des choses car même si le couscous occupe une place de choix dans notre panthéon culinaire, il n’en demeure pas moins que ce plat n’est pas l’apanage des seuls tunisiens puisque nos amis marocains, algériens et libyens peuvent légitimement en revendiquer la paternité.

Pour ma part, je considère que s’il y a un plat exclusivement spécifique à la Tunisie et qui peut aisément être érigé en emblème national c’est sans conteste notre fameux Lablebi. Les tunisiens peuvent d'ailleurs être fiers d’avoir offert au monde ce mets exquis qui constitue la quintessence de notre savoir culinaire millénaire.

Cette évocation du Lablebi me rappelle une anecdote de mon enfance dans laquelle il a joué un rôle de premier ordre. Etant enfant, nous avions reçus dans notre famille des amis français venus séjourner en Tunisie avec leurs enfants.

Dans une tentative de promotion du patrimoine culinaire national, nous les avions gentiment conviés à déguster un bol de Lablebi dans une gargote du centre ville de Tunis dont le slogan publicitaire était « si tu trouve dans ton Kaftegi une dent, c’est que certainement il sera très bon ».

Les amis français étant friands de sensations fortes, nous avions pensé qu’un déjeuner dans un endroit aussi pittoresque allait certainement les enchanter. Mais dans notre souci de satisfaire leur goût pour l’exotisme nous avions oublié les différences structurelles qui existent entre un estomac européen et son homologue arabe.

En effet, une fois le denier pois chiche avalé nos amis français ont tout de suite cherché à atteindre les premières toilettes disponibles. Il était donc clair qu’en matière de sucs gastriques la supériorité de la race arabe n’était plus à démontrer.

Cependant et malgré ce petit accident digestif, nous avions naïvement cru que nos amis gaulois avaient apprécié à sa juste valeur ce mets délicat et raffiné qu’est notre cher Lablebi.

Quelle fut donc ma surprise d’entendre la nuit venue l’un des enfants français demander à son père d’une voix grave et mélancolique : « papa pourquoi ils nous ont fait manger de la nourriture pour chiens ? »

Au son de ces paroles blasphématoires et calomnieuses, la harissa du Lablebli m’est montée au nez et j’ai bondi comme un forcené pour demander des excuses diplomatiques solennelles au nom de ma famille ainsi qu'au nom de tous les fellagas dont le sang immaculé à nourri la terre sacrée de ce pays.

Il y a certaines choses que la dignité patriotique ne peut tolérer. S’ils avaient insulté la chakchouka ou la Mloukhia j’aurais pu laisser faire mais s’agissant de Lablebi c’était Patria o muerte.

dimanche 29 mars 2009

Enfin un bon roman tunisien !!

Je dois avouer que je suis par nature réfractaire à toute manifestation du « génie » littéraire tunisien et ce, pour des raisons qui tiennent à la faiblesse congénitale aussi bien du style que du fond des œuvres tunisiennes.

Partant de là, je fus très agréablement surpris en lisant le roman de Mohamed Bouamoud intitulé « Visages » qui vient récemment de paraître aux éditions Bibliomed, tellement ce livre tranche avec la banalité habituelle des productions littéraires tunisiennes.

Dans un style foisonnant, oscillant entre désespoir et humour, violence et tendresse, ce roman écrit à la première personne, nous relate le quotidien sordide d’un petit fonctionnaire raté « ouvrier aux écritures » comme il se qualifie lui-même qui sans le vouloir, va se trouver mêlé au tumulte de la crise politique et sociale qu’a connue la Tunisie à la fin des années 70.

L’auteur dresse un portrait au vitriol de la société tunisienne de cette époque et de ses différentes composantes. Avec sa plume acerbe, il décrit une société gangrénée par l’hypocrisie et le matérialisme et qui se complaît dans sa propre médiocrité.

Mais au-delà de la trame politico-sociale du livre, ce qui le rend précieux à mes yeux c’est cette plongée dans le Tunis underground des années 70. On y découvre une ville grisâtre et lascive dans laquelle l’auteur met en scène une faune bigarrée composée de putains au grand cœur, de gauchistes lubriques, de journalistes complaisants et de voyous patibulaires.

Tout à la fois récit d’une vie ratée, descente aux enfers racontée sans concessions ni complaisance mais aussi œuvre à la conscience politique forte, « Visages » est un roman noir et poignant qui ne peut vous laisser indifférent.

dimanche 8 février 2009

Ma génération

J’appartiens à une génération bâtarde qui n’a connu ni le temps des révolutions triomphantes, ni celui des idéologies foisonnantes.

J’appartiens à une génération ayant grandi sous l’ère de la télévision unique, du téléphone fixe et qui un jour s’est retrouvée plongée dans une société où les salons de thé et les Hummer poussaient comme des champignons après une averse hivernale.

J’appartiens à une génération désabusée, nostalgique de la Tunisie de papa, de Grendizer et des 404 bâchées.

Une génération qui était avide de Levis 501 et de magnétoscopes tout droit sortis des valises des pèlerins.

J’appartiens à une génération de littéraires, lecteurs assidus de Najib Mahfouz et de Voltaire.

Une génération qui a connu Mickael Jackson noir et qui faute de choix ne sortait pas beaucoup les samedis soirs.

J’appartiens à une génération qui jouait à l’Atari, collectionnait les billes et écarquillait les yeux pour quelques sucreries.

Une génération de transition qui n’a connu ni les centres d’appel, ni les affres de la mondialisation.

J’appartiens à une génération désenchantée qui lisait Majalit Majed et rêvait de libérer la terre occupée.

Une génération bercée par la voix de Néjib Il Khatab qui ne frimait pas et ne jouait pas aux petits Nababs.

J’appartiens à une génération de trentenaire qui a essayé tant bien que mal de faire face à l’adversité et à l’arbitraire.

حنين و رثاء

أحنّ إلى لغة الضاد كما يحن الموج إلى ضفاف الشاطئ ولكن قلّ ما أجد كتابا خطّ بالعربية يستحق القراءة والاهتمام. فأدباؤنا الأفذاذ قد واروا الثراء منذ زمن ومن بقي منهم يكاد عددهم لا يتجاوز عدد أصابع اليد الواحدة.

ورغم كل ما نسمعه عن الأدب الجديد والرواية المعاصرة وما بعد المعاصرة فإن ذلك لا يعدو أن يكون مجرد ترهات وتشدق لا يغني ولا يسمن من جوع أو هو يتنزل على حد عبارة أحد الزملاء في بودقة الأدب المرحاضي.


ومما لا شك فيه أنّ
الأدب العربي يمرّ بأزمة حقيقية و عميقة أو هو بالأحرى لم يخرج من أزمته. و أعتقد أن أزمة الأدب هي في نفس الوقت أزمة لغة. فلغتنا العربية في حالة احتضار سواء على المستوى الأدبي أوالشعبي والغريب في الأمر أنّه لا أحد يأبه لأنّاتها.

ومنذ أن بدأت تجربة التدوين كنت قد تعجبت من اختيار العديد من المدونين اللغة الدارجة عوضا عن الفصحى للتعبيرعن مشاعرهم وأفكارهم ولا أعتقد أنّ ذلك يرجع لجهلهم اللغة العربية وقواعدها وإنما يعدّ ذلك من قبيل التجاهل و الاحتقار.

واللغة كيان حي فلا يمكن أن تتطور وتترعرع إلا إذا أقدم عليها أصحابها فإن هم عزفوا عنها كان مصيرها التلاشي والاضمحلال.

وأخشى ما أخشاه أن يكون قد كتب على لغتنا الموت البطيء وأن يكون مآلها الاندثار كغيرها من اللغات البائدة مثل اليونانية القديمة أو اللاتينية

samedi 7 février 2009

Héritage des femmes et intemporalité du texte coranique

A l’occasion d’un colloque des associations féministes maghrébines qui s’est tenu récemment au Maroc, on a à nouveau remis sur le tapis la question épineuse de l’héritage des femmes en Islam. D’ailleurs comme tout meeting féministe digne de ce nom, les participantes ont vilipendé dans leur déclaration finale les législations maghrébines régissant la matière et ont réclamé à l’unisson l’instauration de l’égalité entre les sexes dans ce domaine.

Personnellement je n’ai rien contre la révision de la législation tunisienne dans ce sens d’autant plus que je n’ai pas de sœurs et que même si j’en avais une ou plusieurs cela ne me gênerait pas de partager avec elles le néant que mon paternel va me léguer.

Plus sérieusement, si je suis enclin à soutenir cette revendication féministe c’est que l’argument que brandissent les partisans du statu quo me semble dépassé. En effet, dire que l’homme doit avoir une part plus importante de l’héritage car à l’inverse de la femme c’est lui qui assume les frais du ménage ne me semble plus d’actualité.

De nos jours, les femmes sont aussi impliquées que leurs homologues masculins dans les dépenses courantes et ce sont elles parfois qui en supportent courageusement la part la plus importante n’hésitant pas à contracter crédit sur crédit pour subvenir aux besoins de leurs familles.

Il est donc injuste qu’elles doivent se contenter d’une part moindre de l’héritage alors qu’elles endossent des obligations financières aussi importantes que les hommes.

Présentées ainsi les choses peuvent paraître assez simples cependant tel n’est pas le cas et ce, en raison des implications religieuses de la problématique de l’héritage.

Les règles légales régissant les successions dans nos sociétés arabes étant d’inspiration islamique, les amender équivaudrait pour certains à remettre en cause la sacralité de la parole divine et par ricochet le principe d’intemporalité des préceptes coraniques (le fameux principe selon lequel le coran, même en ce qui concerne les questions sociales, est valable pour toutes les époques historiques).

En effet, contrairement aux règles relatives à l’esclavage ou à la polygamie dont la remise en cause ne pose pas de réelles difficultés puisque le texte coranique semble lui-même permettre cela, les dispositions afférentes à l’héritage laissent quant à elles peu de place à l’exégèse. Et donc si on abolit ces règles en utilisant des arguments uniquement d’ordre social et qui n’ont pas de fondement textuel qu’est ce qui peut nous empêcher dés lors de toucher à d’autres préceptes telles que ceux relatives aux interdits alimentaires ? Après tout on peut considérer que l’interdiction de manger de la viande de porc n’était justifiée à l’époque du prophète que par l’absence de systèmes frigorifiques performants pouvant permettre le transport et la conservation en toute sécurité de cette viande si particulière.

Que faire alors ? Accepter de réviser les règles relatives à l’héritage et prendre le risque d’ouvrir la boîte de pandore ou bien préserver la parole divine et le statu quo ce qui est de nature à léser toute une partie de la société ?

Pour ma part, je considère que l’argument de l’intemporalité de la parole divine est une vaste escroquerie car comment croire que le bon dieu dans son infinie sagesse n’ait pas pris en compte le développement inéluctable des sociétés humaines. Il s’en suit que les prescriptions coraniques d’ordre social doivent absolument être interprétées dans leur contexte historique.

Il serait indécent et même « blasphématoire » de vouloir sauver le texte au détriment de l’Homme.

jeudi 5 février 2009

Cinecitta ou le nouveau navet du cinéma tunisien

Je viens d’assister à la salle moribonde de l’Alhambra à la projection du film Cinecitta de Brahim Ltaief et le moins qu’on puisse dire c’est que je viens de gaspiller deux heures de mon existence à regarder un film d’une platitude navrante. A choisir, j’aurais sans aucune hésitation accepté de visionner en lieu et place de ce navet intégral un documentaire de cinq heures sur la sexualité des singes bonobos d’Afrique centrale.

Mais avant d’expliquer le pourquoi de mon aversion envers ce film, parlons tout d’abord des quelques points positifs. D’ailleurs, ils sont si peu nombreux qu’on devrait très vite en faire le tour. Ils sont au nombre de deux et ils concernent exclusivement le casting. Tout d’abord, Mohamed Ali Nehdi qui bien qu’il n’apparaisse que dans deux ou trois scènes du film, a tout de même réussi à sortir une prestation plus qu’honorable. Enfin, Raouf ben Amor toujours égal à lui-même, s’en sort indemne d’un film qui, de par sa banalité affligeante, aurait pu mettre à mal son statut d’icône du cinéma tunisien. Tel ne fut pas le cas pour Fethi Heddaoui l’autre guest star du film, et dont la prestation balbutiante était en adéquation avec le niveau généralement bas de l’œuvre.

Pour un film dont la trame principale tourne autour du 7ème art, la moindre des choses aurait été d’avoir un scénario qui tienne la route. Malheureusement dans ce film le réalisateur a essayé de nous vendre une histoire à dormir debout à propos de trois pieds nickelés (respectivement Abdelmonem Chouayet, Mohamed Grayaâ et Med Ali ben Jemaa) qui voulant monter un film et ne trouvant pas le financement nécessaire, commettent pour pallier à ce manque un hold-up rocambolesque. De là s’ensuivent une série de rebondissements aussi invraisemblables qu’insipides.

On se rend très vite compte que le réalisateur se contente de compiler les scènes les unes à la suite des autres en espérant que ça marche alors que normalement un scénario doit recéler un minimum de cohérence. Quant aux scènes humoristiques elles sont du niveau de l’école maternelle servies par une réalisation mollassonne qui use et abuse des plans serrés.

Pour terminer je dirai que Cinecitta va certainement atterrir aux oubliettes du cinéma tunisien où il y rejoindra des chefs-d’œuvre aussi édifiants que Lambara et autre Demain je brûle.

dimanche 1 février 2009

Petite anecdote dominicale

Au milieu des années 50, un généreux homme d’affaire saoudien a décidé d’affréter un avion pour transporter des pèlerins soudanais vers la Mecque.

Malgré la vétusté de l’avion affrété et malgré la présence à bord de passagers en surnombre, la majeure partie du voyage se déroula dans des conditions normales mais à l’approche de l’aéroport de Djeddah, l’appareil commença à faire des siennes et le pilote anglais essaya tant bien que mal de le maîtriser.

Cependant les choses s’aggravèrent notamment lorsque l’un des moteurs s’arrêta et pris brusquement feu. Le pilote totalement affolé jeta un coup d’œil aux passagers mais ces derniers affichaient un calme olympien et à sa grande stupéfaction, il ne constata aucun signe de panique apparent. Mais il n’eut pas le temps d’analyser leur réaction car il devait se concentrer pour faire atterrir l’appareil. Chose qu’il réussit à faire grâce à une manœuvre très habile qui permît à l’avion de s’immobiliser en bout de piste juste en face d’une dune de sable.

Le pilote anglais s’attendait à une explosion de joie de la part des passagers et à un tonnerre d’applaudissements pour saluer sa performance mais rien de tout cela n’eut lieu. Les pèlerins commencèrent à descendre calmement de l’avion comme si rien de grave ne c’était passé.

Totalement interloqué, le pilote attribua la quiétude affichée par les passagers à leur statut de pèlerins et il éprouva une grande admiration envers ces pieux musulmans qui armés de leur seule foi avaient su faire preuve d’une parfaite indifférence face à une mort quasi-certaine.

Mais ce que notre pilote british ignorait, c’est que c’était la première fois que les braves pèlerins montaient dans un avion et donc n’ayant aucune expérience en la matière, ils avaient tout simplement cru que la procédure habituelle pour faire atterrir un avion consistait à mettre le feu à l’un de ses moteurs et à le faire immobiliser devant une dune de sable.

Comme quoi les conclusions qu’on peut tirer d’un événement donné peuvent diamétralement différer selon l’interprétation qu’on a choisi d’adopter.